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Amériques > Etats-unis > Balkan Beat Box // Balkan Beat BoxLe feu dans le sang (Rio Loco 2008)
Un seul a manqué à l’appel. Définitivement Saban Bajramovic s’est éteint le 8 juin 2008, dix jours avant le coup d’envoi de la 14e édition de Rio Loco. Mort à 71 ans d’une crise cardiaque à l’hôpital de Nis, dans le sud de la Serbie où il vivait. Seule son ombre bienveillante a plané sur cet état des lieux des musiques balkaniques à la programmation exemplaire. Car Saban, à lui seul, résume quarante années d’évolution qui ont abouti à l’explosion actuelle du gypsy sound, de ce balkan beat aux multiples facettes qui a résonné à travers Toulouse.
Ivo Papasov. Encore un roi à la carrière en forme de montagne slave. Né en 1952 à Kurdzali, à la frontière entre la Bulgarie, la Turquie et la Grèce, il s’initie à la clarinette à l’âge de neuf ans, et à 16 ans, monte son propre orchestre de mariage. D’origine rom turque, il se distingue rapidement et sort du lot définitivement avec son groupe Trakiya en 1974. La musique de mariage, en s’amplifiant, électrise alors les foules bien plus sûrement que les mystérieuses voix bulgares de Filip Koutev. Au début des années 1980, en pleine campagne de bulgarisation, les autorités voient d’un mauvais œil cette forme “impure” de musique attirer les étudiants et la jeunesse, ce qui vaut des tracas au King de la clarinette. Mais l’offre académique du régime communiste ne suffit pas à épancher la soif de changement. En 1989, l’année où Todor Jivkov abandonne le pouvoir, Ivo Papasov sort son premier disque international chez Hannibal Records, dont le patron Joe Boyd, ancien producteur de REM ou des Pink Floyd, l’a repéré lors d’un mariage. Papasov, c’est le fantasme incarné de la virtuosité balkanique, capable d’improviser des heures sur des rythmes improbables à sept, onze, ou treize temps, une musique d’abord destinée aux mariages qu’il pousse jusqu’aux franges frissonnantes de la transe. Mais la même définition pourrait s’appliquer au Taraf de Haïdouks. Dans une tradition bien différente, celle d’un petit village rom niché à une cinquantaine de kilomètres au sud de Bucarest. Maîtres du violon, du cymbalum ou de la flûte, les musiciens de l’orchestre de Clejani, forment le plus attachant des collectifs, une espèce de grande famille époustouflante de vie, dont la saga remplirait des milliers de pages. Ce fut longtemps un personnage charismatique, Nicolae Neacsu, le patriarche, violoniste et troubadour au chapeau éternellement vissé sur le crâne. Il est mort en décembre 2002, mais le Taraf est loin d’avoir dit son dernier mot. C’est un petit miracle, d’ailleurs, car sans leur rencontre avec des producteurs belges au début des années 90, les lautari de Clejani auraient eu du mal à faire perdurer leur formule acoustique face aux coups de boutoir des synthétiseurs qui fourmillaient dans les mariages locaux. C’est un peu comme les fanfares. En quelques décennies, elles ont exporté leur savoir-faire hautement festif des salles de bal aux salles de concert. Qu’ils soient serbes, moldaves ou macédoniennes, leurs cuivres héritiers des orchestres militaires turcs du XIXe siècles métamorphosent toutes les danses locales, horo, cocek, kolo, en de redoutables machines à s’enivrer. Le sud de la Serbie, avec son festival emblématique de Guca tous les mois d’août, est un énorme vivier. Le trompettiste Boban Markovic y a fait ses preuves, maintes fois couronné champion, avant de débarquer à l’Ouest via de farouches embardées dans les films de Kusturica. Son fils Marko reprend aujourd’hui l’orchestre en main et se révèle en compositeur mariant tous les styles, jazz, funk ou rock. Les Roumains de la fanfare Ciocarlia, lancés à l’international par une poignée de producteurs allemands, sont également ouverts à toutes les influences, qu’ils malaxent avec ferveur. Capable de reprendre le thème de James Bond ou de pondre des tubes imparables comme "Iag Bari", la Ciocarlia a signé l’album "Queens and Kings", remarquable hommage aux grandes voix tziganes qu’elle donne aussi à entendre sur scène. Saban y figurait d’ailleurs, tout comme y participe toujours la fabuleuse Esma, qu’il faut voir se déhancher dans les scopitones yougoslaves des années 60. Depuis une dizaine d’années, des DJ ont pris la mesure de cette incroyable énergie des anciens capable de faire chavirer un dancefloor. Stefan Hantel, un producteur allemand, a replongé dans ses racines, en Bucovine, à la frontière entre la Roumanie et l’Ukraine, pour collecter des vinyles et façonner un balkan sound roboratif. Les nuits Bucovina Club qu’il organise à Francfort attirent des centaines d’aficionados, ses remixes posent les jalons d’une variante technoïde des bands balkaniques. Shantel s’est même affranchi récemment en livrant sa propre vision convaincante de la balkan pop avec son album "Disko Partizani". D’autres DJ, Click, Tagada, ou Gaetano Fabri pilotent avec brio des soirées renversantes. Les Balkan Hotsteppers, deux DJ originaires de Louvain en Belgique, poussent encore plus loin le mélange des genres, en posant leur flow de MC déjantés. Imam Baildi, duo de frères athéniens, explorent dans un concept magique les vieux airs grecs des années 40 ou 50. Formé à New York par deux musiciens israéliens, Balkan Beat Box est le pari réussi d’une alliance sauvage entre les sons d’un Orient pris au sens large, Balkans, Maghreb, musique klezmer, et la technologie de l’editing et de l’échantillonnage. Une mixture irrésistible.
Jean Stéphane Brosse
RIO LOCO DOCUMENTAIRE TOULOUSE FRANCE // LIRE AUSSI
// LES AUTRES VIDEOS DE BALKAN BEAT BOX// LIENSARTISTES LIES REPORTAGES // CONTACTCrammed Discs (Distributeur) // REACTIONSRomane 09/10/2008 Bravo pour ce magnifique documentaire, et merci de le mettre à disposition gratuite c'est admirable :) K-one 09/10/2008 Bravo ! bravo ! Merci pour ce moment de plaisir ! kudsi 23/10/2008 Super documentaire et super programmation...dommage que nous n'ayons pu être là ! Ah le temps des cerises... Claude M 27/11/2008 Merci,merci,merci ........ de donner cette occasion de vivre des instants aussi enflammés, j'ai encore des frissons de bonheur. J'ai vraiment passé un grand moment de musique, vraie, celle qui vous fait des choses sur toute la peau. Je vais le recommander à ceux que j'aime. MERCI Nelly Santos 23/05/2009 Bravo Elsa , bravo pour les musiciens et le public Toulousain !!!! Quelle belle découverte !!! Chaud , Chaud Toulouse , je devrais peut-être délaisser mes scènes jazz car une ambiance pareille et un tel bonheur de jouer , je n'en ai plus entendu depuis longtemps !!! Merci à tous !!! Nelly Santos 17/08/2009 Cela fait presque 5 mois que je regarde ce reportage et je ne m'en lasse pas , ce qui est un signe de qualité dans un monde où tout va si vite. Bravo encore pour les musiciens qui savent chanter avec leur âme !!! Bravo pour la qualité du reportage ! http://WWW.nellysantos.fr monde 17/06/2011 Toutes races confondues dans un même rythme, dans une même passion, dans une envolée dans le temps et dans l'espace. Découverte merveilleuse faite ce soir. Merci de nous faire partager tant d'amour et d'espoir. Pseudo * Votre réaction (2000 caractères maximum) * Code de sécurité >> En discuter sur le forum >> |
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